Nous sommes nous-même pris dans le jeu, et nous ne pouvons donner aux choses une signification arbitraire : nous la reconnaissons, mais nous ne pouvons pas la reconnaître sans y consentir.
Nous ne pouvons pas nous considérer nous-même comme séparé du monde, qui n’aurait de sens que pour nous. Le sens que nous lui donnons n’est pas un sens arbitraire. Nous avons beau vouloir nous détacher du monde, nous sommes aussi engagés dans le monde. Et le monde ne se constitue lui-même que comme porteur de la signification. De telle sorte que cette signification elle-même, il nous appartient moins de l’imposer ou de l’exiger que de la découvrir. Elle dépasse singulièrement la subjectivité individuelle. Elle réside sans doute dans la découverte d’une universalité subjective, à laquelle la subjectivité individuelle participe et dont le monde est l’instrument. Elle est transcendante à la volonté individuelle, qui s’y soumet plutôt qu’elle ne la dicte. Mais c’est parce que nous sommes pris nous-même dans le jeu que nous devons considérer la signification comme devant être reconnue par nous : c’est une sorte de révélation qui nous est faite, mais la solidarité est si étroite entre les différentes parties de moi-même que je ne puis, sans doute, la reconnaître sans y consentir.