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skepvox

Nous sommes pris dans le jeu de la signification du monde et de la vie qui ne peut pas être différente de celle que nous leur donnons.

Tout d’abord, le monde ne peut avoir un sens indépendamment de celui que nous-même nous lui donnons. Car ce sens, c’est une pensée, et le monde ne peut pas l’avoir indépendamment du sujet pensant. Il est peut-être impossible de concevoir qu’il y ait un monde si ce monde était privé de toute référence au sujet, mais il est assuré qu’en dehors de cette référence, le monde même n’aurait pas de sens. Et il y a la solidarité la plus étroite entre l’existence même du monde comme spectacle, et la signification que nous pouvons lui attribuer. On se flatterait vainement, sans doute, de penser que l’on peut isoler le monde, comme spectacle pur, du sens même que la conscience lui donne. Car il n’existe comme spectacle que pour être porteur de ce sens. Le rapport du spectacle et du sens doit trouver son fondement, sans doute, dans la distinction que nous établissons entre les fonctions principales de la conscience, qui nous obligent à nous représenter le monde, afin d’être capable de le vouloir.

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