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skepvox

Sur le plan psychologique, nous verrons apparaître une dialectique des fonctions ou des facultés, ouverte par la distinction de l’entendement et du vouloir, qui est elle-même corrélative de la distinction de l’espace et du temps.

Le plan psychologique se distingue du plan logique en ce sens qu’au lieu de fournir comme celui-ci les conditions universelles sans lesquelles l’expérience d’aucun être fini ne serait possible, il nous montre comment cette expérience elle-même se réalise grâce à une activité du sujet qui, bien qu’elle prenne toujours une forme individuelle, s’exerce toujours selon des modes communs inséparables du jeu même de la participation. Ainsi, les catégories fondent la structure du réel, et les facultés la structure de la conscience. Or, celle-ci ne serait rien si elle ne disposait pas d’une initiative par laquelle elle se crée elle-même en collaborant à l’œuvre de la création : ce qui est proprement le rôle de la volonté, et d’une puissance représentative par laquelle elle embrasse le monde qu’elle n’a pas créé et qui devient alors un spectacle pour elle : ce qui est proprement le rôle de l’entendement. Il n’est pas difficile d’établir une correspondance entre l’espace et le temps d’une part, la volonté et l’entendement de l’autre. Mais ces deux facultés reçoivent elles-mêmes des spécifications : car si nous intériorisons la volonté de telle manière qu’elle ne poursuive qu’un possible pur et non point une fin réelle, elle se change en imagination ; et si nous intériorisons l’entendement de telle sorte qu’il ne nous donne que le spectacle de notre propre passé, nous avons la mémoire. Ainsi, l’entendement et la volonté opèrent sur des matériaux fournis par la mémoire et l’imagination, et appellent ces deux fonctions à l’existence comme les instruments de leur propre réalisation. On pourrait enfin considérer le désir comme étant la source commune de la volonté et de l’imagination, mais en tant qu’elles dépendent l’une et l’autre d’une spontanéité enracinée dans la nature. Et le désir lui-même n’est plus orienté vers une fin objective réelle ou possible, mais vers la possession ou la jouissance qu’elle est capable de nous donner, c’est-à-dire vers le plaisir. Ici encore l’analyse pourrait être poussée indéfiniment et réaliser entre ces différents termes les combinaisons les plus variées et les plus complexes. Il est naturel que, dans l’ordre psychologique, nous ayons procédé des facultés les plus abstraites, qui sont constitutives de la conscience elle-même, aux facultés les plus concrètes, par lesquelles s’exprime la constitution de sa subjectivité et de son individualité.

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