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Que les différentes espèces de réalité ne puissent être définies que par l’analyse, cela suffit pour justifier leurs connexions mutuelles dans un système réglé où chaque relation peut être prise comme origine, bien qu’elles aient toutes un caractère distinctif et hétérogène.

La dialectique telle que nous la décrivons, est multilinéaire et non pas unilinéaire. Elle ne va pas du même au même par une sorte de progrès du moins au plus, méthode qui imite dans le temps la création telle qu’on l’imagine comme un passage du néant à l’être. Dans cette sorte de systématisation organique d’une réalité plénière à tous les instants, chaque élément appelle tous les autres pour le soutenir : et c’est la diversité de chacun d’eux qui donne à tous leur place réglée dans la totalité de l’Être. Aussi peu importe par où l’on commence ; chacune des relations par lesquelles un terme en appelle un autre a un caractère rigoureusement original, et non point simplement une situation particulière à l’intérieur d’un ordre logique que l’on pourrait parcourir dans les deux sens, mais sans que leur suite même puisse être changée. Et c’est pour cela que l’ordre dialectique n’est pas un ordre abstrait, comme l’ordre logique, qui est purement formel, et doit être appliqué ensuite à une certaine matière pour rendre la connaissance possible, c’est un ordre réel où chacune des opérations est corrélative d’un certain donné. L’ordre dialectique est donc aussi un ordre métaphysique, qui ne peut se justifier qu’en s’accomplissant. Il embrasse toutes les opérations de la pensée et du vouloir, ainsi que les relations qui les unissent, et non point simplement cet ordre artificiel et constructif qui ne vaut que pour certaines espèces de connaissance ou d’action, et qui suppose toujours certaines relations plus complexes avec le réel qui sont impliquées, et qu’on omet de rappeler (comme le montrent soit la formation des postulats initiaux, soit une expérience supposée par la découverte même de l’opération, ou par le rapport de l’opération et de son effet). On néglige surtout que les actes les plus profonds et les plus constants de la vie humaine, tous ceux qui intéressent nos relations avec nous-même ou avec les autres êtres ne sont pas réductibles à ces opérations constructives qui se limitent au monde de la quantité ou au monde en tant qu’il peut être réduit à la quantité.

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