Il y a un autre renversement caractéristique de la participation qui fait que l’Acte absolu ne peut être considéré comme un faisceau infini de possibilités que par rapport à moi qui y participe, mais qu’en lui-même il est efficacité pure ou actualité indivisée, de telle sorte que par rapport à lui, ce sont les sujets individuels et les choses particulières qui seront des possibilités qui, à ce niveau, auront toujours besoin d’être séparées, afin d’être elles-mêmes séparément actualisées.
Mais l’on peut dire que la théorie de la conscience et la communication qui s’établit entre les trois aspects du sujet sont elles-mêmes subordonnées à une conception ambiguë de la possibilité, ou même à un renversement de cette notion, selon que l’on considère le rapport du sujet individuel avec le sujet absolu, ou du sujet absolu avec le sujet individuel. Il n’y a de possibilité qu’au niveau du sujet transcendantal, mais cette possibilité est fournie par le sujet absolu, et elle n’a de sens que pour le sujet individuel. Dès lors, le sujet absolu dans la perspective du sujet individuel devient un faisceau infini de possibilités, qui lui sont toujours proposées à lui-même et qui ne lui manquent jamais, bien qu’il ne cesse de leur manquer. Mais si nous considérons le sujet absolu en lui-même, il est acte et il n’y a en lui aucune possibilité séparée : celles-ci n’interviennent que quand la participation commence. Aussi peut-on dire qu’à l’égard du moi absolu, le moi individuel lui-même n’est qu’une possibilité, dont l’actualisation, à laquelle il fournit son efficacité propre, lui est elle-même laissée.