Il y a un renversement caractéristique dans la formation de l’idée de possibilité, qui comporte d’abord une réduction du réel comme tel au possible, et, pour ainsi dire, un chemin qui remonte du moi individuel au moi transcendantal, pour devenir ensuite un chemin dans lequel la possibilité est l’effet d’une sorte d’analyse de l’acte pur, afin précisément qu’elle puisse être actualisée par le sujet individuel.
La possibilité peut être considérée sous deux aspects différents : car elle exprime d’abord une réduction du donné à une opération de l’esprit, c’est-à-dire un passage du moi individuel au moi transcendantal. Mais comment cette conversion du donné en réel peut-elle se produire ? Il est évident qu’elle suppose un retour au sujet absolu en tant qu’il est la source réelle de tout ce qui est et de tout ce qui peut être. Le rôle du sujet transcendantal est seulement de le médiatiser, afin de permettre au moi de l’actualiser dans un sujet individuel. Et cela n’est possible que par une sorte d’élection en vertu de laquelle le sujet transcendantal emprunte sans cesse au sujet absolu les possibilités qui sont en rapport avec les exigences ou les sollicitations issues du sujet individuel, soit pour expliquer ce qui lui est donné, soit pour le modifier, à l’intérieur de certaines circonstances dérivées de sa situation.