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skepvox

La possibilité nous est toujours offerte, bien que ce soit à nous qu’il appartienne de la reconnaître comme possibilité avant même de l’actualiser.

La possibilité est toujours considérée comme la condition et la limite de mon activité, de telle sorte qu’il s’agit seulement pour le sujet de la reconnaître avant de l’actualiser. A cet égard la possibilité donne des moyens à l’activité, mais elle en constitue aussi la limite. Cependant cette conception n’est pas sans danger. Elle semble impliquer que la possibilité est une chose toujours en rapport avec une existence, elle-même définie d’une certaine manière, unie à elle par un rapport sur lequel nous n’avons pas de prise. Or les choses ne se passent pas tout à fait ainsi. Car il y a dans l’Acte pur toutes les possibilités. Et l’on peut dire qu’elles sont mises à la disposition du sujet transcendantal. Mais il dépendra de lui de les faire apparaître comme des possibilités distinctes, pour permettre au sujet individuel, en les actualisant, de constituer sa propre expérience de lui-même et du monde. Et ces possibilités paraîtront créées par lui, parce qu’elles n’avaient pas avant lui d’existence séparée. Cette observation peut être faite à tous les niveaux de la conscience. Car nous ne cessons, nous aussi, d’éprouver en nous la présence d’une possibilité indéterminée que nous essayons toujours de diviser en possibilités particulières. Le propre de notre nature individuelle, c’est par la limitation qui lui est propre, et les habitudes ou les états déjà constitués en elle, de ne s’ouvrir qu’à quelques-unes de ces possibilités que le sujet transcendantal cherche toujours à lui tendre. Mais, en droit, nous pouvons dire qu’aucune nature ne se trouve si étroitement emprisonnée en elle-même, qu’elle ne puisse s’en délivrer par quelque rencontre ou suggestion heureuse capable de l’élargir au-delà de toute espérance.

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