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skepvox

Toute méthode est indivisiblement régressive et progressive : elle s’exerce dans le temps et abolit le temps.

Il semble que le propre de toute explication, ce soit de partir d’un donné et de remonter, non pas proprement aux conditions dont il dépend, mais à l’acte purement intérieur ou spirituel qui lui donne un sens, et dont il est à la fois la limite et l’effet. Pourtant c’est l’exercice même d’un tel acte, l’initiative dont il fait preuve, sa direction et, si l’on peut dire, son caractère original par rapport à tous les autres actes réels ou possibles, qui doivent expliquer l’apparition de cette donnée parmi toutes les autres, étant bien entendu que, comme toutes les données sont solidaires les unes des autres et ne subsistent pas isolément, de même toute opération que nous pouvons accomplir est incapable de se suffire et évoque toutes les autres opérations réelles et possibles qui achèvent, pour ainsi dire, d’exprimer l’efficacité infinie dont l’acte nous donne, sur un point, un témoignage particulier. Il faut donc qu’il y ait une méthode progressive, que la méthode régressive appelle, et même qu’elle implique pour avoir elle-même une vertu explicative ; mais, bien que ces deux méthodes se poursuivent l’une et l’autre dans le temps, c’est dans une direction inverse ; de telle sorte que la possibilité même de superposer ainsi l’ordre du connaître et l’ordre de l’être équivaut à une abolition du temps dans une sorte de substance éternelle, où l’être et le connaître s’identifient.

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