Le possible ne possède par lui-même aucune efficacité, sinon par la volonté qui s’en empare et le réalise.
La tendance objectiviste de la pensée nous incline à considérer le possible comme ayant une subsistance propre, comme les choses séparées que nous situons dans l’espace. Mais le possible ne peut jamais être séparé de l’acte qui le pose comme possible. C’est même la raison pour laquelle la possibilité est le mode d’existence propre à la conscience et à ses opérations. Et le possible exprime l’unité même de l’esprit dans sa double fonction intellectuelle et volitive, puisque le poser comme possible, c’est le poser comme pensé, ou comme susceptible de l’être (le possible, c’est le pensable), mais c’est le poser en même temps comme susceptible de se réaliser si certaines conditions se trouvent données, en particulier s’il est lui-même voulu. De telle sorte que le terme de possible implique toujours une référence à une certaine corrélation entre la pensée et le vouloir.