Il est inévitable que la méthode suive ce double mouvement, et, par conséquent, qu’elle soit à la fois une méthode de la connaissance et une méthode de la pratique.
Au point où nous sommes parvenus, et bien que la méthode philosophique soit une méthode proprement théorique, nous pouvons dire qu’elle enveloppe en elle à la fois les problèmes de la connaissance et les problèmes de la conduite. Une méthode pour penser est une méthode pour agir. Une méthode d’action est aussi une certaine méthode de pensée. C’est que ces deux problèmes sont inséparables. D’abord, on peut dire que la connaissance enveloppe en elle le vouloir qui ne peut prendre place dans la dialectique que par elle, mais aussi que la connaissance suppose le vouloir et ne s’exerce que grâce à lui. Mais il y a plus : la connaissance et le vouloir nous montrent les deux aspects complémentaires par lesquels la participation se réalise ; ce qui manque à l’un, c’est l’autre qui le lui donne ; nous contemplons ce qui dépasse notre vouloir, nous voulons cet être de nous-même et du monde et des rapports de nous-même et du monde, que la pure contemplation est incapable de nous donner. Et c’est pour cela qu’à chacune des étapes de la dialectique, nous avons à définir l’indépendance relative et les modes de connexion entre l’entendement et le vouloir.