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skepvox

L’action du vouloir s’étend sur le monde des choses et non pas sur le monde des idées, mais pour imposer précisément au monde sensible la marque de l’idée.

Les idées, exprimant la relation du sujet transcendantal et du sujet absolu, surpassent nécessairement l’activité volontaire qui, dans le sujet transcendantal, exprime sa relation avec le sujet psychologique. La volonté sans doute nous enracine dans l’être et nous fait d’abord l’auteur de notre être propre par une sorte de rapport avec l’absolu que nous ne pouvons pas trouver au même degré dans l’intelligence, puisqu’elle est représentative de l’être en tant qu’il n’est pas nous : telle est la différence entre contempler et agir. Mais s’il y a plus de profondeur ontologique dans l’engagement volontaire, il y a plus de hauteur dans l’objet auquel s’attache la contemplation. Car la volonté incarne l’absolu, tandis que la contemplation le regarde. Telle est la raison pour laquelle la volonté est toujours tournée vers le monde sensible, dans lequel elle est astreinte à prendre place. Elle n’agit donc pas sur le monde des idées, bien que ce soit en lui qu’elle puise tous ses motifs d’action. Et comme le monde sensible exprime précisément l’aspect le plus concret et le plus individuel du monde mais aussi le plus limité, il est évident que c’est à lui qu’elle doit s’attacher et qu’en vertu de son origine même, elle ne peut que le relever et chercher à lui imposer la marque de l’idée. Mais l’esprit agit cependant tout entier dans chacune des régions de l’être, et telle est la raison pour laquelle la contemplation, elle aussi, cherche à relever le sensible jusqu’au niveau de l’idée : c’est alors la contemplation proprement esthétique.

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