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skepvox

Dans l’opération une distinction doit être établie sur le plan psychologique entre son aspect spectaculaire par lequel elle appréhende la donnée en tant que donnée et son aspect créateur par lequel elle contribue à le produire ou du moins à le modifier, c’est-à-dire entre l’entendement et la volonté.

L’opération demeure toujours en corrélation avec la donnée. Mais cela est possible de deux manières. Car la donnée exige d’être appréhendée en tant que donnée : alors, nous avons affaire à toutes les opérations de l’entendement en prenant cette expression au sens large, c’est-à-dire en l’étendant de la perception la plus élémentaire à la pensée la plus abstraite (ceci est indépendant du détail de l’opération, qui peut n’aboutir à la présentation du spectacle que grâce à un jeu de conventions ou de constructions qu’elle y incorpore d’une certaine manière). Et cette opération est elle-même voulue, puisque l’attention est peut-être son acte essentiel. Mais la volonté ne se réduit pas à la création du spectacle ; cette donnée nous demeurerait extérieure et hétérogène si elle n’était que contemplée. Il faut encore que nous puissions la rendre nôtre en lui imposant notre marque — non pas que nous puissions la créer de toutes pièces (car si nous avions ce pouvoir, nous n’aurions pas besoin de la créer et il n’y aurait pas pour nous de donnée), mais en la modifiant : ce qui est le rôle propre de la volonté. Partout où elle agit, elle change la face du monde ; et c’est parce qu’elle est limitée qu’elle ne peut pas agir autrement ; mais elle n’agirait pas si ce monde ne lui était pas connu d’abord par l’entendement. L’opposition de l’entendement et de la volonté correspond à la distinction entre le monde, en tant qu’il n’est pas notre œuvre et que nous pouvons seulement nous le représenter parce qu’il exprime la disproportion de notre activité propre et de l’activité créatrice, et le monde en tant qu’au lieu d’exister sans nous, il dépend de nous pourtant et subit sans cesse notre action.

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