L’activité de participation s’exprime d’abord sous la forme d’une distinction entre l’opération et la donnée.
Du moment que l’activité de la conscience est définie comme une activité de participation et que pourtant cette activité est elle-même indivisée, il est inévitable qu’une séparation s’introduise en elle entre l’opération qu’elle accomplit en effet et ce qui la déborde, qui, étant opération dans le sujet absolu, ne peut se manifester, dans le sujet transcendantal ou dans le sujet psychologique, que sous la forme d’une donnée en rapport avec cette opération : comme on le voit quand on considère soit les idées, soit les choses.
Telle est la distinction fondamentale par laquelle la conscience se définit et que l’on doit retrouver dans toutes ses opérations. C’est quand elle est surmontée que se produit la découverte. Ce qui n’est pas un retour à l’indivision, puisque dans la découverte nous aurons affaire à une correspondance déterminée entre l’opération et la donnée, au lieu qu’antérieurement à leur division, elle n’était rien encore, ce qui montre assez que, si la dialectique est une analyse, c’est du moins une analyse créatrice. Le caractère original de cette distinction, c’est de permettre au moi lui-même de se constituer par un rapport entre les deux termes qui fonde sa liberté, bien que, dans son opération, il n’y ait rien qu’il ne puise au-dessus de lui, et rien, dans la donnée, qu’il soit capable de créer de toutes pièces et qu’il ne semble recevoir du monde.