Notre inscription dans le monde ne peut être réalisée que par la distinction entre les trois modes de la subjectivité.
Il est évident que si nous n’étions rien de plus qu’une partie du monde, nous n’en pourrions rien savoir. Cette connaissance ne pourrait être acquise que par un être qui surplomberait le monde et qui ne serait plus nous-même. Or, nous embrassons le monde dans une perspective qui n’est qu’individuelle, et celui qui ne la dépasse pas s’enferme lui-même dans un idéalisme solipsiste. Mais, en même temps, nous nous pensons nous-même en tant que nous avons sur le monde une perspective individuelle, et que nous sommes par rapport au monde un centre de référence unique et privilégié : par là et en même temps nous pensons aussi les autres êtres, qui sont pour nous des centres de référence différents. Alors nous pouvons nous penser nous-même comme faisant partie d’un monde considéré non pas comme une pluralité d’objets, mais comme une pluralité de consciences. Le sujet en général exprime donc déjà l’unité du monde en tant qu’elle n’est pas rompue par la diversité des perspectives individuelles. Seulement, pour que l’unité de ce monde ne soit pas purement abstraite, il faut que toutes ces consciences réelles soient, non seulement semblables entre elles, mais encore unies dans la commune participation d’une subjectivité absolue.