Le sujet est une sorte de foyer d’où rayonnent un ensemble d’opérations en connexion mutuelle, qui doivent permettre de dériver tous les aspects de l’expérience réelle ou possible.
L’esprit s’est toujours laissé séduire par l’ambition de tirer de lui-même la représentation du monde. Et c’est la chimère de cette entreprise qui a conduit les philosophes à opposer toujours une matière à une forme. Mais cette ambition devait échouer, surtout faute d’une étude assez approfondie de la nature du sujet. Car s’il était une pure activité créatrice, on voit mal pourquoi il aurait besoin de créer un monde, et pourquoi ce monde serait tel et non pas autre, pourquoi il ne serait point l’objet d’un caprice arbitraire. Mais si le sujet comporte nécessairement une union inséparable de l’individu, de la raison et de l’esprit absolu, alors on comprend sans peine pourquoi la simple relation mutuelle entre ces trois aspects du sujet doit produire, non pas sans doute l’expérience concrète qui ne peut pas être plus déduite que l’existence même du sujet, et qui lui est corrélative, mais les conditions de possibilité de cette expérience, à l’échelle des valeurs, des concepts, ou des qualités sensibles. C’est que le sujet est un foyer d’où rayonnent une pluralité d’opérations interdépendantes qui, par leur relation mutuelle, permettent de définir les différents domaines de l’expérience.