Comme le monde sensible remplit l’intervalle entre le sujet individuel et le sujet transcendantal, et le monde des idées l’intervalle entre le sujet transcendantal et le sujet absolu, le monde des valeurs remplit l’intervalle entre le sujet individuel et le sujet absolu.
Il ne faut pas oublier que le sujet transcendantal n’est qu’un intermédiaire entre le sujet individuel et le sujet absolu. Mais l’existence n’appartient qu’à celui-ci et à celui-là. Il faut donc les mettre en rapport immédiat l’un avec l’autre, et non pas seulement par l’intermédiaire de l’idée. C’est là le rôle joué par la valeur. Dans la valeur, chaque chose, chaque pensée, chaque action s’absolutise. Elle apparaît comme l’objet d’une volonté suffisante qui se trouve, pour ainsi dire, comblée par elle. Le sujet cesse d’être un individu isolé, il n’est plus un être fini en général, c’est-à-dire un abstrait, mais il acquiert, dans le monde, en lui-même et dans son rapport avec tous les objets auxquels il s’applique, une signification qui l’élève au-dessus de lui-même, le justifie et l’éternise.