La méthode n’a de sens que pour un sujet, mais il faut qu’elle puisse être pratiquée par tous les sujets.
Le propre de la méthode, c’est d’être un chemin, le chemin selon lequel un sujet se propose de parcourir, selon un ordre réglé, tous les domaines de l’être en découvrant les connexions qui les unissent. Et même on peut dire que le caractère propre de la méthode, c’est d’être une sorte de relation entre l’activité de la conscience finie et la totalité de son objet possible. Que cette relation implique une règle, c’est le signe à la fois des exigences de notre esprit et de sa subordination nécessaire au tout qu’il cherche à explorer. Cependant la méthode est toujours un choix opéré par une liberté, et même on peut concevoir que, dans la méthode, les dispositions du sujet individuel puissent entrer en considération : aussi voit-on chaque homme, contre l’avis de Descartes, adopter jusqu’à un certain point une méthode qui lui est propre. Pourtant, on entend en général par méthode des règles qui peuvent convenir non pas seulement à tel sujet, mais au sujet en général. Ou du moins on ne retient dans la méthode que des règles qui peuvent être pratiquées par tous, bien qu’il puisse appartenir à chacun de les préciser dans leur mise en application par une méthodologie individuelle.