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skepvox

La corrélation entre les opérations et les données se retrouve dans l’analyse, qui est indivisiblement en nous une analyse de nos puissances et hors de nous une analyse des choses.

L’analyse est elle-même une opération de l’esprit, mais elle ne subsiste pas isolément, elle fait toujours apparaître une donnée qui en est corrélative. L’esprit, naturellement tourné vers l’objet, pense qu’une opération toujours identique fait apparaître dans le monde des choses toujours différentes. Mais en réalité les opérations de l’esprit ne sont jamais les mêmes, et elles diffèrent les unes des autres comme les données mêmes auxquelles elles s’appliquent, soit comme le pense l’empirisme, qu’elles épousent la forme de ces données, soit, comme le pense l’idéalisme, qu’elles la produisent. Mais aucune de ces deux conceptions ne peut expliquer la corrélation des opérations et des données, qui est d’une nature un peu différente : car l’opération appelle la donnée, au lieu de la supposer. Mais pourtant elle ne la crée pas, puisque la donnée exprime dans le monde cela même qui manque à l’opération. Seulement il ne faut pas croire que l’analyse porte sur un monde préexistant où elle se borne à découper des données : et même on ne peut pas se contenter de penser que ces données traduisent seulement le contour de l’opération. Car l’opération, dès qu’elle commence à s’accomplir, est elle-même l’analyse de la puissance indivisée du moi. De telle sorte que c’est l’analyse même de cette puissance qui suscite l’analyse du réel en données différentes, et qui les fait pour ainsi dire éclore, pour qu’elles viennent répondre à la diversité de nos opérations.

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