L’analyse ne consiste pas à séparer les parties constitutives d’un Tout, mais à les faire apparaître de telle manière que ce Tout même se constitue comme tout.
À première vue, rien de plus stérile que l’analyse, puisqu’elle consiste, semble-t-il, à isoler dans un Tout des parties qui s’y trouvent déjà. Mais en fait, il n’en est pas ainsi. L’analyse est créatrice. Et les parties ne sont présentes dans le tout qu’en puissance, et non pas en acte. Chaque opération de l’analyse est originale : elle est une invention ; elle est un produit de la liberté, et pourrait ne pas avoir lieu. L’analyse est, si l’on peut dire, l’Analyse de l’acte pur telle qu’elle est réalisée par la participation. Chacune des opérations de la participation, étant incomplète, appelle une donnée qui lui répond. Et le tout est postérieur à l’analyse, au lieu de lui être antérieur : elle contribue à le former plutôt qu’elle ne le suppose. Mais c’est un tout toujours ouvert, en ce sens que de nouvelles opérations d’analyse font apparaître en lui sans cesse de nouvelles richesses.