Le centre de la méthode réside dans une certaine relation qui doit s’établir entre l’homme et le sujet ou entre l’activité de participation et l’activité créatrice.
La méthode est l’œuvre de l’homme, mais l’homme en assumant la vocation de sujet s’oblige à établir, entre les différentes formes de subjectivité, une subordination qu’il doit s’engager à maintenir dans toutes les opérations qu’il accomplit. Il dépend de lui de la faire régner, il n’y parvient que dans le temps, et par une série d’obligations qui constituent précisément la méthode. Elle trace à l’homme le chemin qu’il doit suivre pour qu’il puisse remplir adéquatement son rôle de sujet.
On pourrait expliquer la même idée d’une manière un peu différente. Pour qu’une méthode soit possible, il faut qu’il y ait toujours un intervalle entre celui qui l’applique et l’objet auquel il l’applique : ainsi nous venons de parler d’un intervalle entre l’homme et le sujet.
On pourrait aussi, en utilisant une distinction antérieure [Prop. XV ci-dessus], dire que la méthode suppose un intervalle entre l’activité réflexive et l’activité créatrice ; elle cherche à les rejoindre, elle n’y réussit que si elle décrit tout le réel qui remplit l’intervalle, c’est-à-dire le monde, mais de telle manière toutefois que l’activité réflexive, cherchant à le réduire, vienne coïncider avec l’activité créatrice, dont le rôle était de le produire. De là viennent, d’une part, non seulement tous les efforts par lesquels on veut que la méthode soit une véritable reconstruction du réel, mais encore le schème classique de toutes les méthodes que l’on réduit à une analyse qui doit se changer en synthèse, à une induction qui, quand elle est arrivée à son terme, se convertit en déduction.