La méthode de composition évite les inconvénients de la méthode d’inclusion, mais elle a une portée exclusivement mathématique.
La méthode de composition cherche à éviter la stérilité que l’on a regardée si souvent comme l’écueil insurmontable de la méthode d’inclusion. Disons qu’au lieu de nous apprendre à reconnaître les rapports entre des définitions déjà posées, elle nous apprend à les poser, dans les rapports mêmes qui les unissent. On peut donc la considérer comme dynamique par opposition au caractère statique de la méthode précédente. Tel est du moins l’aspect qu’elle présente sous la forme synthétique que l’on peut lui donner, et qui procède par construction de concepts, mais qui n’est que l’envers de sa forme analytique, la plus féconde sans doute, puisqu’elle nous permet de résoudre tous les problèmes par réduction du plus complexe au plus simple : la synthèse ici est plus illusoire qu’il ne paraît, car on peut se demander au nom de quel principe nous opérerions, à partir du simple, telle construction plutôt que toute autre. Le sujet, par opposition à ce que l’on constate dans la méthode d’inclusion, ne se situe pas lui-même dans l’ordre des concepts, il est immanent à cet ordre même qui n’est rien de plus que le Cogito en action. Mais outre qu’il y a toujours quelque difficulté ici en ce qui concerne le simple, qui n’est pas le Cogito lui-même, mais le ou les termes indécomposables qu’il pose avant tous les autres et qui entrent dans la composition de ceux-ci, on peut dire que l’ordre que l’on décrit ici est un ordre de fabrication, qui convient admirablement aux mathématiques et qui a été emprunté à cette science, mais que l’on a toujours appliqué avec une extrême difficulté, non pas proprement à la physique puisque la physique elle-même est d’une certaine manière réductible aux mathématiques, mais à la qualité, dont on est obligé de faire une illusion, à l’ordre psychologique, esthétique, moral et même métaphysique. Ce que méconnaît [donc] Descartes, ou ce sur quoi il n’insiste pas assez, c’est que l’activité du sujet est une activité de participation et non pas, comme il le croit, une activité qui cherche à retrouver l’activité créatrice, qui tend à se faire toute-puissante comme elle, et, du moins dans l’abstrait, l’imite pour ainsi dire à sa manière.