Il y a trois ordres possibles : l’ordre d’inclusion, l’ordre de composition, l’ordre de complémentarité.
On peut concevoir alors trois sortes classiques d’ordre entre les différents termes de la connaissance :
[Le premier est] l’ordre de l’inclusion, dans lequel ces termes sont distribués selon un ordre de complexité croissante et de généralité décroissante : il est à la fois ascendant et descendant. Alors le passage d’un terme à l’autre se réalise par un terme moyen, dont la vertu probante se manifeste de deux manières, selon qu’étant inclus dans le premier et incluant le second, il permet d’inclure le second dans le premier (c’est l’ordre de l’extension) ; ou selon qu’inclus lui-même dans le second et incluant le premier, il permette d’inclure le premier dans le second (c’est l’ordre de la compréhension) : alors le moyen n’est pas un simple intermédiaire, il est une raison d’être.
Le second est un ordre de composition, qui, au lieu d’aller du général au particulier, va du simple au complexe. Alors on a affaire à deux mouvements différents, comparables aux deux ordres inverses d’extension et de compréhension, selon que l’on part du complexe pour le réduire au simple, ou du simple pour construire avec lui le complexe. Tel est le sens de l’analyse et de la synthèse.
Enfin, il y a un ordre que nous pouvons appeler l’ordre de la complémentarité, en vertu duquel la notion la plus pauvre appelle ce qui lui manque pour la compléter. Cette troisième espèce d’ordre a pris une forme particulière dans l’histoire : pour tirer le plus riche du plus pauvre et laisser à la méthode sa fécondité, il faut que le plus riche ne soit pas supposé, mais engendré. Dès lors, on imagine une démarche négative déjà inséparable de la simple affirmation du plus pauvre et dans laquelle le plus pauvre est nié non pas dans ce qu’il a, mais dans ce qui lui manque. De telle sorte qu’en restant fidèle à la négation, seul procédé qui dépende exclusivement de l’esprit, et en niant cette négation à son tour, on obtiendrait une affirmation nouvelle, qui rétablirait l’affirmation première, mais en l’enrichissant indéfiniment.