Aller au contenu
skepvox

Ce n’est point dire que l’homme est le repère de toutes choses, car, dans sa nature propre d’homme, il est un milieu entre une réalité qu’il se subordonne et qui n’a de sens que par rapport à lui, et une réalité à laquelle il se subordonne et qui lui donne à lui-même son sens.

On ne peut pas dire que l’on revienne ici à l’ancienne formule que « l’homme est la mesure de toutes choses ». Car où est l’homme dans tout ceci, sinon dans le jeu des différentes puissances du sujet ? Il se crée ou se détermine lui-même à l’intérieur du sujet sans qu’il soit possible de l’identifier avec le sujet. Or, dans le sujet lui-même, nous distinguons les puissances qui, laissées à elles-mêmes, sont infra-humaines — ce sont celles qui appartiennent au sujet individuel — d’autres puissances qui, si on leur donne une existence séparée, sont supra-humaines, et des puissances enfin qui, comme celles que nous désignons par l’expression sujet transcendantal, définiraient l’homme, en effet, si elles ne gardaient pas en elles-mêmes un caractère irréel et abstrait aussi longtemps qu’elles restent dissociées des deux autres, et caractérisent l’être fini en général plutôt encore que l’être proprement humain [cf. liv. Ier, Prop. LX et LXXXI]. Nous dirons donc que le point de départ de la méthode, c’est bien l’homme, considéré non point comme un absolu, mais comme un être qui se subordonne le sensible et se subordonne lui-même à l’absolu.

Supprimer le surlignage