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skepvox

On peut dire que le sujet crée la représentation du monde à la fois par ce qu’il est et par ce qu’il n’est pas ; ce qui explique la part d’activité et la part de passivité qui apparaît dans son œuvre.

On a cru devoir expliquer presque toujours la représentation que nous avons du monde par l’opposition d’une matière et d’une forme, mais sans que l’on puisse rendre compte ni de l’existence de cette matière, qui demeure une donnée inintelligible, ni de la convenance de la forme, où l’esprit reconnaît ses propres opérations, avec une matière qui lui est hétérogène. Mais si on accepte que l’activité du sujet soit une activité participée, elle est inséparable de l’activité dont elle participe. Ce qui veut dire que, dans la participation, l’unité du monde ne peut jamais être rompue. Or cela n’est réalisable qu’à une condition, à savoir que l’activité exercée par le sujet soit toujours corrélative d’une passivité qui la dépasse et qui lui répond, ou que toute opération qu’elle accomplit soit corrélative d’une certaine donnée. La représentation du monde exprime à la fois dans le sujet ce qu’il est et ce qu’il n’est pas, ce qu’il peut et ce qu’il ne peut pas, mais à condition que ce qu’il n’est pas ou ce qu’il ne peut pas reste toujours en relation avec ce qu’il est et avec ce qu’il peut. Tel est, en effet, le sens de la distinction et de la correspondance qui ne cessent de s’établir dans la connaissance entre sa matière et sa forme.

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