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skepvox

La conscience n’exclut pas le rapport d’intériorité et d’extériorité, comme on le croit quelquefois, sous prétexte qu’il ne vaut que pour l’espace : comme dans tous les couples de contraires, l’intériorité a un privilège sur l’extériorité et l’absorbe à la limite.

On s’est élevé [cf. liv. Ier, Prop. LXXVI] contre l’idée d’un monde de la conscience qualifié d’intérieur et d’un monde physique qui lui serait extérieur. Et on allègue que cette représentation ne vaut que dans l’espace. Or la conscience n’est pas dans l’espace : elle n’a donc pas d’intériorité. Et rien, par suite, ne lui est extérieur au sens strict de ce terme. Mais l’opposition de l’intériorité et de l’extériorité présente ici un sens un peu différent : l’intériorité, c’est, non pas un objet situé au dedans d’une enceinte, mais ce qui n’a de sens qu’en soi et pour soi, au lieu que l’extériorité, c’est ce qui n’a de sens que pour un autre, à savoir pour un sujet sans lequel cela même ne serait rien. Or l’extériorité et l’intériorité sont réciproques, tout au moins quand on a affaire à un sujet fini. Mais l’intériorité possède un privilège par rapport à l’extériorité, parce que c’est elle qui est positive, au lieu que l’extériorité n’en traduit que la limitation. De telle sorte que l’extériorité disparaîtrait et serait absorbée par l’intériorité, si celle-ci était poussée jusqu’au dernier point. Mais inversement on pourrait dire, si on entend par intériorité non pas un acte mais un contenu, que le sujet n’a pas de dedans, mais qu’il a seulement un dehors avec lequel il ne cesse d’être en rapport (ce rapport étant son unique dedans).

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