Le sujet psychologique se constitue comme une participation au sujet absolu par l’intermédiaire du sujet transcendantal.
On pourrait penser que le sujet psychologique et le sujet absolu ont seuls un caractère concret et réel, et dès lors il semble que la vie de la conscience se présente comme une participation immédiate de l’un à l’autre. Pourquoi [donc] ne pas abandonner le sujet transcendantal, comme le font si volontiers les psychologues ou les mystiques ? Mais il joue un rôle de médiateur que nous ne pouvons pas négliger. Car il n’y a pas de sujet particulier sans qu’il y en ait aussi une pluralité et même une infinité. Mais alors l’être particulier en général devient la possibilité de tel être particulier. Et cette possibilité est une possibilité réelle dont on peut dire d’abord que, par son indétermination même, elle met à la disposition du sujet particulier l’infinité des possibles qui sont une expression divisée de la perfection du sujet absolu ; que c’est par conséquent dans le rapport du sujet transcendantal au sujet psychologique que se réalisera ce choix des possibles qui est la marque de l’exercice de la liberté ; que c’est enfin en s’élevant jusqu’au sujet transcendantal que le sujet psychologique, allant au-delà de ses limites, pratiquera le vrai désintéressement, qui exprime, dans ses rapports avec les autres sujets particuliers, le témoignage de leurs rapports communs avec l’absolu.