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skepvox

Le sujet en tant que sujet ne peut être défini que comme un acte et même comme un acte sans passivité.

La notion de sujet évoque celle d’une substance destinée à supporter des accidents ou des qualités. Mais en fait, nous prenons ici le mot dans un autre sens : il s’agit du centre auquel nous pouvons rapporter tous les sujets possibles de notre pensée. Cela n’est possible qu’à une condition, c’est que ce centre ne devienne jamais lui-même un objet, même pour un autre sujet, ce qui abolirait aussitôt en lui sa nature propre de sujet. C’est là ce qui explique pourquoi il est faux, comme on l’a prétendu, qu’il y ait une réduction transcendantale permettant de faire du sujet un objet pour le moi transcendantal, ce qui nous oblige à considérer le sujet transcendantal comme étant la subjectivité même du sujet psychologique. Mais on a souvent une tendance à considérer ce sujet comme un centre objectif de référence, sous prétexte qu’il y a aussi dans le monde d’autres centres que celui que j’occupe : mais cela n’a véritablement aucun sens. Dès lors un sujet qui n’est ni objet ni donné, mais pour lequel il y a des objets et des données, c’est ce qui en assure la possibilité, ce qui fait qu’il y a des termes qui, non seulement ont du rapport avec lui, mais peuvent lui être présentés ou offerts. C’est là ce qu’on appelle proprement un acte, et, si l’on y réfléchit, on voit qu’il n’y a qu’un acte qui puisse avoir cette subjectivité ou cette intériorité par laquelle il ne faut pas dire que les choses sont en nous, mais seulement qu’elles ont du rapport avec nous. Cet acte sera un acte sans passivité, toute passivité étant ce qui lui est extérieur, qui le limite, et avec quoi il a du rapport, c’est-à-dire son corrélatif sans lequel il ne peut être posé, mais étranger [lui-même] à l’opération qui le pose.

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