Aller au contenu
skepvox

Dans le rapport interne des éléments du sujet, la relation du sujet avec l’objet persiste toujours.

On pourrait penser que dans cette relation des éléments du sujet les uns avec les autres, chacun de ces éléments peut être pris tour à tour comme objet pour les deux autres, de telle sorte que tout rapport avec l’objet proprement dit s’évanouit. On expliquerait ainsi la parfaite intériorité ou la parfaite suffisance de la conscience à elle-même. Toutefois, le sujet, dans chacun des rôles qui lui est assigné, garde sa relation avec un objet privilégié, faute de quoi il perdrait sa nature propre de sujet et ne pourrait pas définir la fonction qui lui est propre par opposition aux deux autres. Le sujet psychologique n’a pas pour objet le sujet transcendantal, mais, hors de nous, la chose sensible, et en nous, l’état d’âme faute de quoi il ne serait nullement un sujet psychologique. Le sujet transcendantal ne joue pas son rôle de médiateur en prenant pour objet le sujet psychologique dans lequel il s’actualise, ni le sujet absolu qui fournirait le terme de son aspiration. Le sujet transcendantal a un objet qui lui est propre, à savoir l’idée, sans laquelle il ne pourrait pas réaliser l’accord entre les sujets psychologiques dans une expérience qui serait la même pour tous, et serait incapable par conséquent de remplir sa fonction de sujet transcendantal. Le sujet absolu enfin n’a point pour objet le sujet transcendantal, ni le sujet psychologique, ce qui suppose qu’ils pourraient être en un certain sens indépendants de lui ; mais il n’a point, à proprement parler, d’objet ; il surmonte toute extériorité : il comprend et soutient le sujet transcendantal et le sujet psychologique, qui ne vivent que de l’activité même qu’il leur prête, bien que, pour acquérir une vie propre, ils puissent se séparer de lui, qui ne se sépare jamais d’eux.

Supprimer le surlignage