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skepvox

Le sujet transcendantal n’a de sens que pour s’incarner dans le sujet psychologique : et c’est de leur rencontre que naît la conscience.

L’argument précédent prouve que c’est toujours de plus haut que moi que vient la lumière même qui m’éclaire. Je n’ai conscience de moi-même que parce que le sujet transcendantal me permet de me poser en tant que sujet psychologique, ou parce qu’il y a en moi un sujet en général qui me permet de reconnaître le moi que je suis. Mais ce sujet transcendantal n’a pourtant lui-même aucune existence indépendante. Tout au plus peut-on dire qu’il est la possibilité de tous les « moi » particuliers et que c’est lui qui leur permet de se déterminer à l’existence. Et c’est pour cela que c’est dans le rapport entre le moi transcendantal et le moi particulier que s’exerce ma liberté. Mais ce moi possible ne peut se connaître qu’au moment où il s’actualise, ce moi libre, qu’au moment où il se détermine. Ce qui montre assez clairement qu’il n’y a de conscience du moi transcendantal que dans sa relation concrète avec le moi psychologique dont il fonde l’existence en le remettant sans cesse en question. De même, c’est le moi transcendantal qui permet au moi psychologique de penser l’idée, au-delà même de la perception qu’il a de l’objet sensible. Et la conscience ici apparaît comme un dépassement et un enveloppement à la fois du moi psychologique par le moi transcendantal, alors que si on les prenait isolément, le premier serait semblable à un objet sans pensée, et le second à une pensée sans objet.

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