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Il n’y a point de sujet purement psychologique qui ne tienne du sujet transcendantal la conscience qu’il a de lui-même.

On peut démontrer qu’il n’y a point de sujet purement psychologique, par la possibilité même, pour le sujet transcendantal, de considérer le sujet psychologique comme un objet s’il le réduit à sa pure essence psychologique. Alors, selon le vocabulaire adopté universellement aujourd’hui, nous disons que le sujet psychologique cesse d’être un « je » pour devenir un « moi ». Mais, alors, il ne garde plus la fonction de sujet psychologique. C’est, en lui, le sujet transcendantal qui fait fonction de sujet et qui permet au sujet psychologique non pas seulement de connaître l’objet ou ses propres états, mais d’avoir, en quelque sorte, conscience de lui-même. Ainsi on peut dire que le sujet transcendantal, sans avoir conscience de soi, donne la conscience qu’il a de soi au sujet psychologique. Et ce qui est ici le plus remarquable, et qui montre l’indivisibilité des trois aspects du sujet, c’est que le sujet psychologique, en devenant un objet de connaissance pour le sujet transcendantal, a conscience de lui-même sans en avoir la connaissance. Et tout ce qui, dans le monde, n’a de sens que pour lui et par rapport à lui, ne peut jamais être pleinement objectivé, comme on le voit pour ses propres états, et pour ses perceptions elles-mêmes dans la mesure où elles enveloppent toujours quelque résonance qualitative et émotive. Dans le monde de l’expérience du sujet psychologique, il n’y a que le sujet transcendantal qui puisse atteindre à l’objectivité.

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