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skepvox

Le sujet absolu, précisément parce qu’il n’a point de perspective sur le réel, n’a de rapport immédiat qu’avec les autres sujets et non point avec les objets.

De la proposition I, on peut tirer cette conséquence que le sujet absolu, au moment où nous le considérons comme la base et le sommet du sujet transcendantal et des sujets psychologiques, ne peut plus être comme eux sujet d’un monde formé par des objets réels, soit qu’il s’agisse des idées, soit qu’il s’agisse des choses sensibles. Car les idées ou les choses n’apparaissent que dans la perspective d’un sujet en général ou d’un sujet particulier. Au contraire, le sujet absolu n’a de relation immédiate qu’avec tous les centres de perspective qui peuvent exister sur le réel et dont il fonde à la fois la distinction et l’accord ; les idées et les choses n’ont de sens pour lui qu’à travers ces perspectives elles-mêmes dont il est, à proprement parler, la raison d’être. De telle sorte que l’on peut dire, dans le langage créationniste, que Dieu n’a créé ni les idées ni les choses, mais qu’en créant des êtres, c’est-à-dire des personnes, il a créé du même coup le monde des idées, c’est-à-dire un monde commun à toutes les consciences, et un monde sensible dans lequel chacune d’elles exprime la vision originale et irréductible qu’elle a du monde.

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