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skepvox

La conscience doit être définie par la relation interne entre le sujet psychologique, le sujet transcendantal et le sujet absolu.

Le mot sujet est lui-même un terme purement abstrait qui ne désigne rien de plus que le centre par rapport auquel nous envisageons le réel considéré dans sa totalité. Le sujet psychologique est le centre d’une perspective individuelle ; le sujet transcendantal, le centre de toute perspective en général ; le sujet absolu, le centre sans perspective, non plus par conséquent le centre abstrait de toutes les perspectives particulières, mais le centre concret qui les abolit à la fois et qui les fonde. Or où est la conscience ? Non pas assurément avec le sujet psychologique isolé qui, à la limite, ne serait que l’épiphénomène du corps, c’est-à-dire éclairé et non pas éclairant, et incapable de se fournir à lui-même sa propre lumière ; ni avec le sujet transcendantal, dont on pense souvent qu’il mérite le nom de sujet logique et dont nous ne connaissons la manière dont il agit que par ses produits ; ni avec le sujet absolu, qui, lorsqu’on essaie de l’isoler du sujet psychologique et du sujet transcendantal, apparaît soit comme identique à la chose en soi, soit comme le terme d’une aspiration et comme un objet de foi. Mais la conscience résulte, pour ainsi dire, d’une circulation entre ces trois aspects du même sujet. Le sujet psychologique reconnaît sa propre individualité au moment même où il aperçoit sa limitation, c’est-à-dire où le sujet transcendantal le prend comme objet et le dépasse ; et le sujet transcendantal, à son tour, ne peut être défini que par la limitation du caractère perspectif en général qui le fait être, mais qui l’oblige lui-même à se dépasser. Ce qui, dans un langage plus élémentaire, implique que la conscience résulte toujours de la relation vivante qui s’établit en chacun de nous entre l’individu, l’homme (ou plus justement l’être fini en général) et l’être absolu, sans qu’il soit possible de l’attribuer à aucun des trois termes autrement que dans son rapport avec les deux autres. Ainsi, sur un autre plan, la méditation théologique n’a pas cru pouvoir assigner la spiritualité à Dieu lui-même, autrement que par la relation interne qu’elle a établie entre les trois personnes.

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