Seuls le sujet individuel et le sujet absolu ont une existence véritable : mais le sujet transcendantal exprime la condition même qui rend celui-ci participant de celui-là.
Le sujet psychologique et le sujet absolu ont l’un et l’autre une existence concrète ; et le sujet psychologique, qui est incapable de se suffire, tient son existence du sujet absolu qui est l’existence parfaite (à la manière dont le corps dans le langage statique de la représentation est solidaire de l’espace et tient de lui sa nature propre de corps : sa limitation et sa passivité supposent également dans le corps une infinité et une activité qui les soutiennent et qui n’ont de sens que pour elles). Mais le sujet transcendantal est l’instrument de la participation ; c’est pour cela qu’il est impossible de lui attribuer à lui-même l’existence véritable. Il puise dans le sujet absolu cette efficacité par laquelle il devient lui-même un sujet, mais qui n’est pas encore tel sujet, c’est-à-dire dont les limites ne sont pas encore circonscrites, mais doivent l’être, qui possède une puissance qui ne s’est point encore déterminée, mais qui exige de l’être.