Dans le doute, je n’abolis point les choses, je ne les mets pas même entre parenthèses : il faut qu’elles soient là pour que je puisse remonter jusqu’à leurs conditions de possibilité.
On ne peut pas concevoir le sujet comme séparé de son opération, ni cette opération comme séparée de l’objet auquel elle s’applique. Aussi la réflexion, si elle se conquiert elle-même par le doute qui porte sur les choses, n’abolit pas ces choses, même elle ne les met pas entre parenthèses. Car il faut que ces choses demeurent là pour que je puisse m’élever jusqu’à leurs conditions de possibilité. Et, dans ces conditions, ce que je découvre, c’est en effet la possibilité de toutes choses, c’est-à-dire ces opérations qu’il m’appartient précisément d’accomplir et qui font la preuve de leur validité dans leur rencontre même avec les choses. Ces opérations étaient déjà impliquées dans la présence par laquelle les choses m’étaient données : le rôle de la réflexion, c’est seulement de me permettre d’en prendre conscience.