Aller au contenu
skepvox

Dans la pureté du « je » les représentations se détachent de l’acte intellectuel de la même manière que les tendances de l’acte volontaire.

Le « je » ne doit pas être confondu avec l’ensemble des représentations : il est l’acte sans lequel elles ne seraient pas, mais qui s’en détache, qui en devient indépendant, qui en contient la possibilité et qui exerce sur elles un droit de juridiction, à mesure même que notre conscience devient plus pure et se replie, pour ainsi dire, sur la source même de toutes ses pensées, sur l’activité qui les soutient, qui les domine et qui les juge, mais qui ne se laisse absorber par aucune d’elles. De la même manière, quand nous considérons notre conduite, elle est déterminée par nos tendances, mais ces tendances sont comme la matière de mon action, plutôt qu’elles n’en sont le principe. Quand je les subis ou que je leur cède, c’est mon moi lui-même qui abdique. Dès qu’il s’affirme au contraire, alors ma volonté paraît, qui devient indépendante des tendances comme l’acte intellectuel l’était de ses représentations, et qui, comme lui encore, ne peut se passer de support, mais ne lui demeure jamais enchaîné.

Supprimer le surlignage