Les conditions de possibilité supposent une liberté qui les découvre et qui les confronte avec leur objet ; mais il arrive qu’elles se réalisent tantôt avec le concours, tantôt sans le concours de la volonté : dans ce second cas, si on pouvait les énumérer toutes, elles donneraient à l’objet un caractère de nécessité.
Ces conditions de possibilité n’ont de sens que par une liberté qui s’exerce en deux temps : d’abord dans leur recherche, au moment où elle se sépare du donné pour les découvrir, ensuite dans leur mise en œuvre, au moment où elle retourne vers le donné pour le mettre en rapport avec elles. J’obtiens ainsi une sorte de rencontre entre le virtuel et l’actuel, qui donne au réel l’intelligibilité qui lui est propre. Ici deux cas peuvent être distingués : lorsque c’est le sujet qui opère le passage de la virtualité à l’actualité, il agit en tant que volonté ; mais lorsqu’il ne s’exerce que comme intelligence, c’est-à-dire lorsqu’il ne dépasse pas la possibilité de l’objet qui s’est actualisé sans lui, alors l’énumération de toutes ses conditions de possibilité, si elle avait lieu, transformerait la pure existence de l’objet en nécessité.