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On peut appliquer le mot « soi » au sujet absolu comme le mot « moi » au sujet psychologique et le mot « je » au sujet transcendantal.

Il est difficile, comme l’a fait Fichte, de réserver le mot de « je » pour la conscience absolue, car le « je » réside précisément dans le rapport des trois modes de la conscience et c’est pour cela qu’il convient d’une manière privilégiée au sujet transcendantal. Sans doute on peut dire qu’au moment où la conscience psychologique devient un objet pour la conscience transcendantale (grâce à une opération qui est artificielle et illégitime, puisque, si c’était un objet véritable, il cesserait aussi d’être un sujet), le sujet psychologique pourrait porter le nom de « moi ». Mais puis-je parler alors du « je » de la conscience absolue ? J’en fais aussi un objet dès que je m’aperçois que je tends vers lui sans coïncider avec lui. Je puis donc l’appeler un « soi » pour montrer qu’il fonde le « moi » psychologique et le « je » transcendantal. Mais il ne faut pas oublier que c’est parce qu’il est un sujet concret et unique, et non point un sujet en général comme le sujet transcendantal, qu’il constitue par l’intermédiaire du « je » transcendantal la condition de possibilité de tous les « moi » particuliers.

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