On a le droit d’employer le mot acte, bien qu’il évoque toujours un effet, mais celui-ci exprime ici une limite où le produit de l’acte s’abolit.
On se demande aussi si l’on peut identifier la conscience avec un acte, car tout acte semble corrélatif d’un effet, de telle sorte qu’au moment où il le produit, il est un objet parmi tous les autres. Ainsi l’intériorité de nos propres états pourrait être regardée comme une extériorité par rapport à la conscience pure. Mais, de même que cette conscience réduit, à la limite, l’intériorité à sa propre opération, on pourrait dire aussi que la conscience, si on la prend au moment où elle n’est rien de plus que la propre création d’elle-même et non point un objet qu’elle essaie déjà d’appréhender sous son nom, se réduit précisément à un acte sans effet, ou dont l’effet ne se distingue pas de l’acte même et s’abolit dans cet acte, dans la mesure où il est plus parfait et plus efficace.