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skepvox

Le monde des valeurs n’a point l’objectivité du monde des choses ou même du monde des idées : au lieu de remplir l’intervalle entre le sujet psychologique et le sujet pur comme les choses, ou l’intervalle qui sépare le sujet pur de l’absolu comme les idées, il exprime la liaison avec l’absolu des idées ou des choses par la direction même de l’activité dans le sujet qui les pose.

Les valeurs ne constituent pas, à proprement parler, un monde comme les choses ou comme les idées. On ne peut les appréhender ni sous une forme sensible, ni sous une forme intellectuelle. Elles expriment le rapport de tous les termes qui sont dans le monde avec l’absolu, et par conséquent les choses ou les idées peuvent être affectées elles-mêmes d’un caractère de valeur. Il n’y a point de valeur qui ne retentisse de quelque manière sur le plan des choses et sur le plan des idées à la fois. Mais par cette relation immédiate qu’elle a avec l’absolu, la valeur ne peut résider que dans le sujet lui-même en tant qu’il participe de cet absolu par un acte qui lui est propre : aussi la valeur réside-t-elle dans l’usage qu’il fait des choses ou des idées, plutôt que dans les choses ou dans les idées considérées en elles-mêmes. Telle est la raison aussi pour laquelle il n’y a point de valeur qui ne comporte une expression sensible et une expression idéale à la fois, et qui ne doive dépendre de l’activité même d’un sujet qui la discerne et qui la met en œuvre.

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