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skepvox

Le fondement concret de la possibilité du sujet pur ou, ce qui revient au même, de l’accord entre les sujets individuels, ne peut pas résider dans un objet transcendant, mais dans un sujet duquel ils tiennent leur activité et leur individualité propres.

C’est avec l’affirmation de ce sujet que commencent toutes les difficultés de la philosophie. Car le sujet pur est évidemment présent dans le sujet psychologique, qui, sans lui, ne serait en aucune manière un sujet. Mais puisque le sujet pur ne se réalise lui-même que dans le sujet psychologique, le sujet absolu n’appartient plus à la sphère du je ni du moi. Il n’est plus ce par quoi le je ou le moi se pose, mais la condition qui lui permet de se poser. Or cette condition est au-delà du sujet, et peut-on sans paradoxe l’identifier encore avec un sujet, surtout au moment où l’on reconnaît qu’elle est aperspective ? Et, en disant qu’elle est encore un sujet, n’est-on pas obligé de l’identifier, par un retour à l’idolâtrie, soit avec le sujet individuel, soit avec un être distinct de ce sujet lui-même, et qui le pose comme un objet par un acte de création pure ? Ne vaudrait-il pas mieux dire que la possibilité du sujet pur et l’accord entre tous les objets se fait dans l’unité d’un objet transcendant ? Mais cet objet transcendant est lui-même une supposition gratuite. C’est même une contradiction, s’il est vrai que tout objet existe pour un autre, c’est-à-dire est nécessairement un phénomène. De plus, en lui attribuant le caractère de l’unité, on montre assez clairement que ce que l’on réclame de lui, c’est précisément ce qui définit l’opération propre du sujet comme tel en la considérant comme réalisée et non pas comme réalisante. Enfin, on méconnaît, dans l’activité du sujet pur et du sujet individuel, ce fait que l’activité que nous exerçons est elle-même une activité qui est reçue en même temps qu’elle est exercée.

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