La régression produit le donné et la conscience du donné.
Sans doute, pour qu’il y eût un donné, il fallait toujours qu’il y eût un acte qui se le donnât. Seulement cet acte n’apparaissait pas. Le propre de la réflexion, c’est de le mettre à nu. Dès lors, on peut bien dire que c’est elle, par la régression même qu’elle produit, qui fait apparaître le donné et la conscience même que nous en avons. Jusque-là, le donné ne se dégageait pas en tant que donné : il n’était pas donné à quelqu’un. Car il y avait une parfaite coïncidence entre l’opération et son objet. Mais c’était l’objet qui absorbait l’opération et l’annihilait. Maintenant, au contraire, c’est l’opération qui tend à absorber le donné et à le faire disparaître. Sans doute elle n’y parvient pas, sinon dans l’abstrait, mais elle s’y essaie, et elle exerce une modification sur le donné, qui n’est pas le même avant et après l’acte de la réflexion, et qui donne prise sur lui aussi bien à la volonté qu’à la pensée.