La réflexion n’a de sens que pour un sujet, mais ce sujet n’est pas un support, c’est un pouvoir qui, dans la réflexion, s’actualise.
La réflexion ne nous éloigne de l’objet que pour nous découvrir un sujet sans lequel il n’y aurait aucun objet. Le mot même de sujet n’est pas exempt d’ambiguïté, parce qu’il semble qu’il désigne un support, au lieu que le sujet n’est point un support, mais un centre de référence auquel tous les objets qui peuvent être posés doivent être rapportés. Ce n’est pas assez de dire que c’est un centre de référence, car ce centre pourrait être lui-même objectif. C’est un acte de repérer qui se fait lui-même centre de repérage. Nous ne pouvons le saisir que dans son exercice même, et c’est pour cela qu’on peut le définir comme un pouvoir que cet exercice actualise. On peut bien considérer cet acte comme ne prenant possession de lui-même qu’en se détournant de l’objet : il reste toujours en relation idéale ou réelle avec lui, faute de quoi il ne serait pas un sujet.