La réflexion est la découverte de la subjectivité de l’Être.
Lorsque la réflexion commence, elle se manifeste toujours sous la forme d’une séparation à l’égard de l’objet et d’une mise en question de cet objet. Mais quel est cet être qui met tout objet en question et qui n’est pas lui-même un objet ? Nous sommes bien obligé de dire qu’il est lui-même un sujet, c’est-à-dire un être tout entier intérieur à lui-même, ou qui se donne l’être par un acte qu’il est seul à pouvoir accomplir. Avant d’accomplir cet acte, il n’était point un sujet, bien qu’il pût être un objet pour un autre sujet. Mais, en se découvrant lui-même comme sujet, il découvre que tous les objets n’ont de sens et d’existence que pour lui et par rapport à lui. Par conséquent, il ne saisit l’être en lui-même que sous la forme d’une subjectivité, qui est l’origine de cet être objectif qui n’a de sens que par sa relation avec lui, et qui tient de sa propre subjectivité la possibilité même qu’il a d’être posé comme un objet. Ainsi, il faut bien dire que la réflexion nous permet de découvrir non pas seulement la subjectivité de l’être, mais, dans cette subjectivité même, l’origine de toute objectivité.