Le mot être ne peut être pris que dans un sens subjectif : appartient à l’être ce qui est en soi et a du rapport avec soi.
Il est évident que le mot être comprend dans son extension à la fois la subjectivité et l’objectivité : toutefois, on ne peut négliger que c’est en lui que celles-ci se distinguent et s’opposent. De plus, on ne peut méconnaître que ces deux termes, malgré la relation qui les unit, ne peuvent pas être situés sur le même plan. La subjectivité possède, en effet, un indiscutable privilège : car elle se définit comme ce qui existe en soi et pour soi, bien qu’elle ne se révèle à elle-même que dans son contraste avec une extériorité qu’elle repousse, pour ainsi dire, hors de soi. C’est le seul moyen qu’elle ait de se définir elle-même, moins dans son essence que dans sa finitude. Mais alors, l’extériorité, c’est ce qui n’existe que pour le moi et dans son rapport avec le moi. Autrement elle serait elle-même une intériorité. C’est ce rapport avec le moi qui constitue son essence en tant qu’extériorité, ce qui équivaut a dire que l’extériorité comme telle n’a pas d’essence. Par conséquent, même si l’objectivité et la subjectivité ne peuvent pas être isolées l’une de l’autre, dans ce rapport même la subjectivité démontre sa priorité logique et ontologique : l’extériorité la suppose et la limite, au lieu de lui être égale et corrélative.