Le cercle caractéristique du terme premier s’exprime par la pensée de la pensée, le vouloir du vouloir et l’amour de l’amour.
L’expression « pensée de la pensée » n’ajoute rien à la pensée, sinon la conscience que nous en avons. C’est ce cercle de la pensée pensante et de la pensée pensée, où aucun des deux termes n’a de privilège par rapport à l’autre, puisque cette pensée pensée ne serait pas du tout une pensée si elle n’était pas la pensée pensante se considérant elle-même dans l’acte même de la pensée, et non point dans son objet (de telle sorte que c’est par une pure métaphore que l’on dit que la pensée peut faire d’elle-même son propre objet), qui se retrouve encore dans le vouloir du vouloir sans lequel il n’y aurait pas vouloir et qui laisse le vouloir indivisible, bien qu’il en fasse notre vouloir, et aussi de l’amour de l’amour, qui ne se distingue pas non plus de l’amour que nous avons pour les êtres, mais qui cependant exprime admirablement, comme on le voit dans l’expression « aimer à aimer », cette auto-genèse de l’amour qui constitue son essence la plus profonde.