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skepvox

La réflexion est une sorte de réduplication qui, sans en faire jamais un objet pour elle-même, l’enferme dans une sorte de cercle où elle montre son caractère d’être un premier commencement.

Le mot même de réflexion caractérise bien l’exigence d’une donnée qui lui sert de point de départ, et de cette réduplication par laquelle, après l’avoir mise en question, elle essaie de la recréer par une opération qu’elle accomplit. Mais cette réduplication n’est pas stérile. Car il n’y a pas identité entre l’objet qui a servi de matière à la réflexion et l’objet qu’elle retrouve, bien que la réflexion exige qu’il y ait entre eux une rencontre qui montre comment ils s’accordent. Mais cet accord n’est pas une coïncidence, sinon dans la mesure où l’apparence objective acquiert une sorte de transparence à l’égard de son essence subjective. Toutefois, il ne faut pas se contenter de dire, comme on le fait souvent, que la réflexion produit ainsi un objet nouveau, qui peut devenir à son tour la matière d’un second acte de réflexion, et que ce progrès peut se poursuivre indéfiniment. Car ce mouvement de régression poursuivi à l’infini, au lieu de nous mettre en quête d’un premier terme qui pourrait expliquer tous les autres, nous montre la présence dans chacune de ses démarches d’un acte de l’esprit qui est un premier terme omniprésent au-delà duquel on ne remonte pas. Ainsi on pourrait dire, soit que la réflexion crée une sorte de cercle où elle atteste l’impossibilité où elle est de se dépasser, puisque la réflexion de la réflexion elle-même n’apporte rien à la réflexion, soit que la réflexion ne peut pas être convertie, sinon d’une manière verbale, en un objet auquel s’appliquerait une réflexion nouvelle, de telle sorte que dès qu’elle entre en jeu, elle a aussi la conscience de cet acte de l’esprit qui est son essence même, et qui n’a point d’au-delà.

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