Aller au contenu
skepvox

Le moi du refus n’a de sens que par le moi de l’affirmation.

On pense souvent que le moi se constitue lui-même par cette démarche de séparation ou de refus dans laquelle, cessant d’être absorbé par l’univers, il le nie, pour instituer dans cette négation même son existence indépendante. C’est ainsi que l’on interprète souvent le doute cartésien, sur lequel on s’attarde avec complaisance quand on le convertit en un refus où l’on voit la marque d’une liberté et d’une spiritualité qui ne se laissent pas asservir. On craint même que ce non se transforme un jour en un oui, comme si, dans cette transformation, en s’engageant de nouveau, il recommençait à s’aliéner et à se mettre sous le joug. On ne sait pas s’il y a là plus d’illusion ou plus de vanité. Car le moi ne se sépare qu’en apparence de ce monde dont il subit la loi dans l’exercice même de ce pouvoir par lequel il imagine qu’il la refuse. La négation elle-même n’a de sens que comme la condition d’une affirmation, qui nous donne plus de satisfaction que celle que l’on repousse, outre que cette négation est elle-même une affirmation indéterminée, qui vaut mieux que toutes les autres par son universalité, et qui doit chercher à se retrouver dans les affirmations particulières au lieu de les exclure.

Supprimer le surlignage