La réflexion est constitutive de moi-même et du monde.
Ces deux noms de nature et de monde enveloppent la totalité du réel : aussi peut-on dire indifféremment que tout est objet et que tout est vie. La réflexion alors se place en dehors de l’objet et de la vie : et c’est pour cela qu’elle est capable de les penser. Elle constitue ainsi le champ d’une expérience infinie, qui lui apporte toujours quelque découverte nouvelle. Le monde et la vie ne cessent de se développer sous ses yeux dans leur rapport avec elle, qui lui permet de reconnaître les rapports intérieurs de leurs éléments entre eux. Le moi lui-même fait partie de ce monde, il participe à cette vie. La réflexion que le moi supporte le prend lui-même comme objet : sa subjectivité même est un objet pour elle en relation avec tous les autres objets, au milieu desquels il faut le situer comme un centre original de perspective, comme un foyer d’action personnelle, loin que le reste du réel puisse s’y réduire.