Aller au contenu
skepvox

La réflexion, au moment où elle s’en sépare, nous découvre la nature sous son double aspect : comme spontanéité et comme donnée.

C’est la réflexion, en se rendant indépendante de la nature, qui nous permet de la penser comme nature. Mais le mot nature a deux sens opposés et pourtant solidaires, que l’on retrouve dans toutes les entreprises de la réflexion et dans la structure même du monde : elle est à la fois une spontanéité créatrice et un spectacle qui nous est donné. Ces deux aspects de la nature correspondent dans la réflexion même :

1° À l’activité dont elle dispose et qui doit se séparer d’une activité dont elle ne dispose pas et sur laquelle il semble qu’elle soit elle-même entée ;

2° À l’impossibilité où elle est de se contenter elle-même de ce caractère d’activité qui est en elle, c’est-à-dire à la nécessité où elle est d’exiger un objet auquel elle s’applique, dont on peut dire non pas qu’il la limite, mais qu’il la réalise.

Cet objet, qui n’est pas créé par elle, ne peut être pour elle qu’un objet de spectacle : la nature considérée sous cet aspect, c’est le monde même que nous avons sous les yeux.

Supprimer le surlignage