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skepvox

Le moi est un objet pour la réflexion mais un objet privilégié, le seul qu’elle puisse espérer résoudre dans sa propre opération.

Le moi demeure pourtant l’objet privilégié de la réflexion et même nous rencontrons ici, pour la première fois, un cercle qui est caractéristique de toutes les entreprises de la réflexion. Car nous pouvons dire à la fois que c’est le moi qui réfléchit et que la réflexion prend le moi pour objet. C’est dans ce rapport de la réflexion et du moi que réside le centre même du problème de la réflexion, et sans doute du problème même de l’Être. C’est ici que la réflexion nous révèle son essence la plus profonde. Et on pense souvent qu’il n’y a en effet de réflexion que du moi sur le moi, ou que la réflexion, c’est le moi réfléchissant, ou plus exactement encore se réfléchissant. Nous examinons ici une réflexion totale, où l’univers tout entier s’offre à nous pour être compris. Mais le nœud de la réflexion réside dans sa relation avec le moi et avec le monde dont il fait partie : car tandis que le monde, dont la réflexion se détache, tend dans la même opération à se détacher aussi d’elle, il n’en est pas ainsi du moi. Car il apparaît d’abord en effet comme nature, mais à mesure que la réflexion progresse, le moi se quitte lui-même comme nature afin de se solidariser d’une manière de plus en plus étroite avec l’acte même de la réflexion.

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